Terres rares : une montée des prix qui risque de fragiliser l’industrie électronique

Les terres rares ne le sont pas tant que ça dans la nature mais les métaux qui constituent cette famille sont très utilisés dans la fabrication des composants de nos appareils électroniques et constituent à l’occasion un moyen de pression dans les relations stratégiques internationales.

La Chine, grand pourvoyeur mondial, joue sur ses quotas d’exportation pour freiner l’appétit dévorant des autres pays, Etats-Unis en tête, et privilégier son industrie, quand les USA préfèrent consommer les ressources des autres pays pour ménager leurs propres réserves stratégiques (et qui seraient sinon exploitées à des tarifs plus élevés).

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Credit : Pok Rie

Dans ce climat de tension géopolitique, la crise du coronavirus a aggravé la situation en désorganisant les chaînes d’approvisionnement et en accroissant fortement la demande en produits électroniques grand public (ordinateurs, tablettes, smartphones) tandis que plusieurs secteurs industriels se révèlent également très demandeurs.

Hausse des prix des métaux, flambée de l’électronique ?

Tout ceci entraîne une augmentation des prix des terres rares et des métaux de base dont le Nikkei indique qu’elle peut atteindre des niveaux inédits en fonction de la matière première.

Des métaux comme le cuivre, le cobalt ou l’aluminium ont vu leurs tarifs augmenter de 37 à plus de 55% en l’espace d’un an, tandis que le neodyme et le praseodyme (terres rares) des aimants de nombreux équipements ont grimpé de plus de 70%, voire de près de 110% dans le cas de l’Holmium.

La palme revient au lithium avec un prix ayant grimpé de 150% en un an alors que les constructeurs automobiles se battent pour obtenir les approvisionnements pour les batteries de leurs futurs véhicules électriques produits à des millions d’exemplaires dans un avenir plus si lointain.

Cette hausse sensible du prix des matières premières va forcément se ressentir à un moment ou un autre sur celui des produits électroniques, déjà en hausse du fait de la demande accrue.

Comme souvent, seules les entreprises capables de négocier des très larges volumes pourront moduler cette hausse, tandis que les plus petits acteurs subiront de plein fouet ces aggravations des coûts.

Autant d’éléments qui peuvent se conjuguer pour finir en crise systémique, à moins d’un geste des grands producteurs pour augmenter la disponibilité des ressources. Sur ce terrain, la Chine a une carte à jouer et elle ne l’abattra sans doute pas avant d’avoir obtenu de solides compensations ailleurs.

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