Edito : L’Internet des champs et l’Internet des villes  

En villégiature dans le Luberon cet été, force est de constater que les zones blanches ne se limitent pas aux déserts ruraux, mais concernent également des zones touristiques très fréquentées l’été par les cyclistes, les randonneurs et les dépités du littoral. Si la fibre optique est bien arrivée à l’Isle sur la Sorgue ou à Maubec, l’ADSL est particulièrement anémique à Gordes, et la 4G presque aux abonnés absents. Les restaurateurs, les hôteliers et les entreprises locales subissent un désinvestissement flagrant des principaux opérateurs et des pouvoirs publics qui peinent à imposer un service minimum pour des services désormais essentiels à l’heure de la dématérialisation des démarches administratives.   

Le numérique est aujourd’hui sur toutes les lèvres, mais une fois sorti des agglomérations, c’est la misère digitale avec une France à deux vitesses. Dans un rapport publié le 16 janvier 2020, l’ancien défenseur des droits Jacques Toubon indiquait que « dans les communes de moins de 1 000 habitants, plus d’un tiers des habitants n’ont pas accès à un Internet de qualité, ce qui représente près de 75 % des communes de France et 15 % de la population ». Heureusement des fournisseurs d’accès Internet alternatifs comme French Data Network ou la Société coopérative d’aménagement numérique icaunaise à Joigny viennent aider les communes rurales à monter des réseaux radio artisanaux accessibles aux particuliers comme aux petites entreprises. Des initiatives locales essentielles puisque le plan France très haut débit lancé en 2013 et le New Deal Mobile initié en 2018 peinent à éradiquer la fracture numérique et assurer une égalité d’accès à Internet à tous les Français. 

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