Des politiques de recrutement IT à redéfinir face à la pénurie

Dans une étude commandée à Rand Europe, Salesforce revient sur les raisons des difficultés de recrutement qui perdurent dans le secteur du numérique. La construction de plans de carrière tout au long du parcours professionnel ainsi qu’une ouverture à des profils diversifiés font partie des pistes évoquées pour réduire cette absence de ressources.

Dans le secteur numérique, les entreprises sont confrontées à des difficultés de recrutement qui perdurent sur certaines spécialités. En effet, 87% des dirigeants affirment qu’ils sont ou seront confrontés à une pénurie de talents disposant des compétences IT en lien avec leurs besoins, selon McKinsey. Pour Accenture, le manque de profils qualifiés dans les technologies pourrait même coûter plus de 11 500 milliards de dollars de croissance du PIB aux pays du G20 d’ici 2028. A cela s’ajoute une offre de formation trop faible ainsi que des inégalités sociales dans l’accès aux professions technologiques. Pour mieux comprendre pourquoi ce déficit se creuse et comment les organisations pourraient s’impliquer davantage afin d’y remédier, Salesforce a fait appel à Rand Europe pour réaliser un rapport sur la base d’éléments recueillis par divers cabinets d’études et de conseil. Preuve du fossé existant, alors que 90 % des employeurs en Europe exigent des aptitudes élémentaires en matière de numérique, seuls 58 % des citoyens européens de plus de 16 ans disposent réellement de ces compétences (Desi, juin 2020). 

Les inégalités en matière de formation aux métiers du numérique ont été aggravées par la crise sanitaire et ont ainsi souligné le besoin d’investir durablement dans ce domaine, souligne l’enquête de Rand/Salesforce. Selon PWC, 13% des personnes en entreprise passeraient à côté d’opportunités de carrière et de formation dans le secteur technologique en raison de leur origine sociale. De ce fait, les ressources IT font défaut dans la plupart des secteurs d’activité. La tension sur ces métiers ne fait qu’augmenter car les compétences numériques ne concernent plus uniquement les métiers techniques de développeur ou d’administrateur des systèmes informatiques. Elles couvrent un éventail de connaissances dans les métiers traditionnels tels que les ventes, le marketing, la communication ou les ressources humaines. On les trouve aussi dans les secteurs de l’industrie et de l’agriculture.

Redéfinir les politiques de recrutement

Durant l’année qui vient de s’écouler, la pandémie a accéléré la digitalisation des organisations et, avec elle, le besoin d’acquérir des compétences de toutes sortes s’est amplifié. Il est désormais reconnu que combler le déficit de compétences numériques est un facteur important d’amélioration de la compétitivité des entreprises, de la performance et de la satisfaction des employés, mais également de l’expérience client (Capgemini, octobre 2017 et LinkedIn, mars 2021). Dans ce but, Rand Europe et Salesforce recommandent aux entreprises d’agir concrètement pour la formation à ces métiers et à l’égalité des chances.

Parmi les pistes évoquées, des actions en faveur de la promotion des carrières dans le cadre d’une GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) et la mise œuvre des programmes éliminant toues forme de barrières institutionnelles pourraient peser dans la balance. Au même titre, la redéfinition des recrutements en ouvrant des postes techniques à un réservoir de profils plus diversifiés ainsi que l’accès à ces professions au moyen de voies d’accès non-traditionnelles pourraient également contribuer à réduire les tensions du marché de l’emploi IT.

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