Le constructeur automobile Seat reconvertit des ouvriers au développement informatique

En 2020, le constructeur automobile espagnol Seat a décidé de former cinq de ses ouvriers d’usine au développement informatique. La filiale de Volkswagen dit vouloir offrir de nouvelles opportunités aux employés de ses lignes d’assemblage en Espagne et répondre aux besoins croissants de développeurs pour sa transformation.

On assimile parfois les développeurs informatiques à des ouvriers du code. Le constructeur automobile espagnol Seat a pris l’expression au pied de la lettre. En 2020, elle a proposé aux ouvriers de ses usines une formation au développement logiciel. Cinq employés ont été sélectionnés parmi les volontaires pour suivre un parcours construit sur mesure pour Seat durant 16 semaines.

Pour postuler, il suffisait d’être employé de Seat, d’avoir un bon niveau d’anglais et bien sûr, d’être intéressé par la programmation. Une équipe informatique a mené des entretiens avec les candidats à la reconversion, qui ont également passé quelques tests. « Les exigences en matière de connaissances techniques étaient très faibles, a cependant précisé à Enjeux RH, Ismaël Lara, responsable culture, learning et development. Le processus de sélection a tenu compte de la capacité cognitive à apprendre les outils et démarches de développement logiciel, mais surtout de la motivation, de la persévérance et de la résilience. »

Plongée au cœur du centre de développement interne de Seat

« Avec ce projet, nous ne cherchons pas à remplacer des emplois qui pourraient disparaître dans nos usines, affirme Ismaël Lara. Aucun des cinq employés engagés dans la formation n’avait son poste menacé. Ce dispositif fait partie de la démarche de transformation globale de Seat. » Tout en accompagnant celle-ci, le projet est aussi censé donner à des ouvriers la possibilité d’évoluer vers des métiers du logiciel. 

Ismaël Lara, responsable culture, learning et development : « Ce dispositif fait partie de la démarche de transformation globale de Seat » (Photo Seat)

Le parcours de formation de développeur full stack destiné aux 5 ouvriers a été élaboré au sein de Seat:Code avec la Geekshubs Academy installée à Valence. Formalisé en 2019 sur les bases d’une structure plus ancienne, le centre de développement logiciel interne Seat:Code travaille sur de nouvelles solutions de mobilité, mixant développement logiciel, exploitation de données urbaines et technologies intravéhicule. Quant au prestataire de formations IT en ligne Geekshubs Academy, il a été sélectionné par le CTO de Seat à la tête du Seat:Code, Carlos Buenosvinos. « Le travail le plus important pour nous a consisté à adapter le parcours développé par Geekshubs à nos besoins spécifiques », se souvient Ismaël Lara.

Un test concluant, à renouveler

Durant quatre mois, les 5 futurs développeurs ont abordé divers langages, Javascript, SQL, mais aussi les procédures de test, etc. « Dans l’automobile, la qualité du logiciel est un enjeu majeur », comme le rappelle Ismaël Lara. Après avoir étudié dans la salle de formation de leur usine, les apprentis développeurs ont été immergés un mois entier au sein du Seat:Code. Durant les 3 dernières semaines, ils ont mené à bien un projet individuel.

La participation à cette formation ne garantit pas automatiquement une embauche comme développeur. Mais le 1er décembre 2020, les cinq élèves ont tous été « diplômés » lors d’une petite cérémonie, dans le respect des mesures sanitaires. Ils ont intégré les équipes de développeurs juniors du Seat:Code et travaillent pour la division des scooters électriques Seat Mó ou sur des applications logistiques. « L’apprentissage a été très intense et même si un coordinateur les soutenait, les candidats ont terminé assez fatigués, car ce n’était pas simple, ajoute Ismaël Lara. Mais leur courbe d’apprentissage a été très impressionnante ! »

Ce petit groupe de développeurs ne devrait pas être le dernier. « Cette année, nous allons conduire un autre projet de formation et de reconversion avec une quinzaine de personnes pour travailler à partir de big data et business analytics, cette fois », confirme Ismaël Lara.

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